Nouveau Manifeste du Naturalisme intégral de 2012

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Ouvrage disponible à l’Espace Krajcberg

Le XXIème siècle n’a toujours pas ouvert la voie à une création artistique résolument engagée au service de l’équilibre de la planète avec son environnement et ses habitants. Nous dénonçons cette impuissance.

Ecrasé par la globalisation des cultures et des économies, l’art perd son sens, tandis que la domination universelle de la finance génère spéculations éhontées et bulles artificielles. Nous dénonçons l’emprise des marchés sur l’art, avec leurs méfaits et leurs impasses. 

Nous lançons un cri d’alarme pour que l’art retrouve le sens de la nature, de la mesure et de l’harmonie, et qu’il recouvre sa position d’avant-garde au service de valeurs de liberté, de dignité, de respect.

Nous publions le «Nouveau Manifeste du Naturalisme intégral » pour entraîner un mouvement qui mobilise l’expression d’une conscience planétaire.

Nous reconnaissons dans la nature une source illimitée d’inspirations, de concepts, de recherches et de formes. 

Nous revendiquons, en devoir et en droit, la totale diversité des expressions, une laïcité sans compromis, une liberté de création intégrale.

Nous nous adressons aux artistes et aussi aux citoyens du monde qui ne veulent pas rester les spectateurs passifs de la destruction de leur planète. 

Plus que jamais l’artiste doit être au cœur de tout projet de civilisation, à la fois artiste et citoyen du monde, intégralement et radicalement. 

Pierre Restany terminait le Manifeste du Rio negro par ces mots : « La nature originelle doit être exaltée comme une  hygiène de la perception et un oxygène mental… »

  

1. Les termes du Manifeste du Rio negro de 1978 doivent être réaffirmés et radicalisés.

En 1978, l’écologie balbutiait et le Manifeste du Rio negro était une première prise de conscience du potentiel formidable de la nature dans l’expression artistique. Pour Pierre Restany, il s’agit alors « de lutter beaucoup plus contre la pollution subjective que contre la pollution objective, la pollution des sens et du cerveau… »

Aujourd’hui, la crise de la planète est devenue une réalité évidente appelant des réponses urgentes. La destruction de la forêt Amazonienne est engagée au prix de l’élimination inéluctable, et hélas silencieuse, des peuples indiens. La fonte de la banquise s’accélère, le réchauffement climatique est en marche. L’accroissement de la population mondiale entretient la pauvreté, favorise les guerres et sert de terreau au développement des fanatismes religieux et politiques.

Les droits de l’homme et la laïcité sont de plus en plus bafoués. Les pouvoirs politiques nationaux et internationaux ont abdiqué devant la finance mondiale.

La crise de l’art dénoncée alors par Pierre Restany s’est elle-même amplifiée.

La multiplication des investissements financiers invoqués pour exprimer une marche en avant de la démocratisation des arts aboutit en fait à promouvoir une grande entreprise internationale de divertissement.

 

2. L’engagement de l’artiste contemporain est la condition du renouvellement de la création.

Au moment où l’on n’a jamais autant montré d’art contemporain, il se révèle en fait de plus en plus déconnecté de la réalité sociale, économique et politique. Il se centre sur l’individu et ses atermoiements.

Il n’annonce plus, il illustre. Il n’anticipe plus, il accompagne. Il ne dénonce plus, il dissimule.

Les mouvements intellectuels qui reliaient innovations artistiques et engagements politiques et sociaux, ont disparu. Ils sont devenus sujets d’étude ou d’expositions. La pratique artistique n’est plus un engagement collectif mais une carrière individuelle. Isolés, les artistes sont moins dangereux. Ils ne dirigent plus la scène artistique, ils tentent d’en profiter. L’art n’est plus qu’une marchandise cotée. Il oscille entre spéculation intellectuelle et spéculation marchande. Il devient stratégie de pouvoir. Il perd sa portée critique.

Nous réaffirmons le rôle essentiel de l’artiste, alors qu’il est de plus en plus relégué à celui de simple décorateur dont « les maîtres du monde » attendent qu’il déguise les crises au lieu de les dénoncer.

 

3. Le Naturalisme intégral appelle une éthique de la création artistique

Le Naturalisme intégral est non seulement une attitude de combat mais aussi un aiguillon de la pensée. Il s’oppose intégralement à l’exploitation destructrice de la nature et à la transformation de l’œuvre d’art en objet de consommation jetable.

Le Naturalisme intégral se conçoit comme un outil de développement artistique durable. Il s’insère même dans l’espace-temps du cosmos.

Le Naturalisme intégral relie les cultures les plus contemporaines aux plus ancestrales. Il en appelle à la conscience des “Magiciens de la terre