Biographie

Des feux de la Deuxième Guerre Mondial à ceux de la forêt amazonienne, la vie de Frans Krajcberg, né en Pologne en 1921, est une lutte sans répit contre la folie destructrice des hommes.

De Leningrad à Turkistan, de Varsovie à Berlin, il a survécu au chaos de la haine et du racisme qui a embrasé l’Europe. De Paris à Rio, d’Ibiza à São Paulo, il a rencontré les grandes figures de l’art international. Homme de conviction et de révolte, il a développé une œuvre et un art de vivre en harmonie avec la nature, qui ont inspiré à Pierre Restany « Le Manifeste du naturalisme intégral ».

Homme solitaire, sculpteur, photographe, il vit aujourd’hui au Brésil dans une maison qu’il s’est construite lui-même au sommet d’un arbre. Il investit toute son énergie au service de la sauvegarde de la forêt amazonienne et parcourt le monde pour convaincre les dirigeants de cet enjeu écologique majeur.

Le destin haletant d’un homme hors du commun pris dans l’histoire, engagé dans l’Art et profondément vivant.

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Extraits du documentaire de 52 minutes :
« Krajcberg, Portrait d’une révolte » de Maurice Dubroca
Production Mémoires Magnétiques
Avec l’aimable autorisation d’Eric Darmon, producteur, et de Maurice Dubroca, réalisateur
Le film est disponible dans son intégralité à l’Espace Krajcberg.

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1921 : Né le 12 avril à Zozienice (Pologne) d’une famille juive de commerçants humbles, Krajcberg est le troisième de cinq enfants : deux frères, deux sœurs. Il passe une partie de son enfance chez son oncle car sa mère, militante communiste, est souvent emprisonnée et entre lui-même dans le parti des jeunesses communistes à l’âge de 13 ans.

1939 : La mère de Krajcberg est pendue dans sa prison de Ramdam, près de Varsovie le premier jour de la déclaration de guerre. Pris par la guerre à Czestochava, près de la frontière allemande, il fuit à Kosienice sans y trouver sa famille. Lui-même fait prisonnier dans une église, il s’évade avec d’autres polonais. Il rejoint l’Armée Rouge positionnée sur Vistule, puis Anilewich, qui mènera l’insurrection du Ghetto de Varsovie, à Vilnius. Krajcberg est dirigé vers la Roumanie. Saisi par le froid, en route, il est hospitalisé à Minsk. Il commence à peindre pendant sa convalescence.

1940-41 : Il est envoyé aux Beaux-Arts de Votebsk : l’école est saturée, il entre à celle de Leningrad où il rencontre Natacha, sa première grande passion, et parallèlement fait ses études d’ingénierie hydraulique. C’est la guerre, un jour de bombardements, sur la route de Minsk, ils se réfugient dans la forêt. Elle meurt sous ses yeux durant l’assaut.

1941 : Le Reich attaque l’U.R.S.S. Krajcberg est incorporé dans la Première Armée polonaise Anders, envoyée à Tachkent, en Asie Centrale.

1943 : Il intègre la Seconde Armée polonaise Vanda Vassilevska. Il y est officier, à la construction des ponts, au feu jusqu’à la fin de la guerre. Une bombe explose près de lui. Il est enseveli et sauvé par un ami, mais perd une partie de la mémoire ; ne se souvient plus du visage de sa mère, de son père. Durant des années, il ne se souviendra pas de sa date de naissance.

1945 : Toute sa faille a péri dans l’holocauste. Krajcberg part, jette ses deux médailles de Staline par-dessus la frontière tchécoslovaque et arrive à Stuttgart où il étudie aux Beaux-Arts avec Willy Baumeister qui fut professeur au Bauhaus. « Liberté » et « dialogue » sont les maîtres-mots de son enseignement. Pour aider les étudiants Baumeister instaure un prix décerné chaque semaine à celui qui fait l’humanité de la critique.

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1947 : Paris l’attire mais ne le courtise pas. Porteur d’une recommandation que lui remet Baumeister, il se rend chez Fernand Léger où il rencontre Marc Chagall, dont il a connu la famille à Vitebsk. Celui-ci l’héberge durant trois mois. Pour pouvoir immigrer au Brésil le Consulat du Brésil facilite les départs des jeunes couples. Alors, avec la complicité d’une jeune hongroise, d’origine très riche, il se présente comme son fiancé et embarque en bateau. C’est elle qui paie les billets, en première classe pour elle, en troisième pour lui. A son arrivée à Rio, il vit la misère, dort sur la plage de Botafogo.

1948-51 : De Rio, il se rend à Sao Paulo où Francisco Matarazzo a ouvert le Musée d’Art Moderne. L’ayant croisé dans une exposition, il l’embauche comme manutentionnaire, lui qui dormait sur les bancs publics de la ville. Krajcberg fréquente les « peintres autodidactes » de la Familia Artistica Paulista. Mario Zanini le fait entrer dans l’atelier de Osir Arte où il exécute les azulejos commandés à Portinari pour les grandes réalisations architecturales du Modernisme. Il y travaille avec Mario Zanini, Volpi et Cordeiro qui sera l’un des fondateurs du Concrétisme en 1952.

1951 : Krajcberg dirige l’accrochage de la Première Biennale de Sao Paulo dont Max Bill est consacré grand prix. Au moment où les concrétistes brésiliens vont se reconnaitre en Max Bill, Krajcberg, son pécule en poche, s’isole pour peintre à Itanhaèm, un village du littoral où Mario Zanini lui prête sa maison, et l’y rejoint régulièrement avec Volpi. Cette période monochrome grise, inspirée du paysage, est exposée au MAM. Krajcberg n’y vend rien. Sa vie est tellement noire qu’il ne peut mettre de la couleur dans son travail. Contrecoup de la guerre, misère matérielle, l’existence à Sao Paulo est une bataille très dure.

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1921 : Né le 12 avril à Zozienice (Pologne) d’une famille juive de commerçants humbles, Krajcberg est le troisième de cinq enfants : deux frères, deux sœurs. Il passe une partie de son enfance chez son oncle car sa mère, militante communiste, est souvent emprisonnée et entre lui-même dans le parti des jeunesses communistes à l’âge de 13 ans.

1939 : La mère de Krajcberg est pendue dans sa prison de Ramdam, près de Varsovie le premier jour de la déclaration de guerre. Pris par la guerre à Czestochava, près de la frontière allemande, il fuit à Kosienice sans y trouver sa famille. Lui-même fait prisonnier dans une église, il s’évade avec d’autres polonais. Il rejoint l’Armée Rouge positionnée sur Vistule, puis Anilewich, qui mènera l’insurrection du Ghetto de Varsovie, à Vilnius. Krajcberg est dirigé vers la Roumanie. Saisi par le froid, en route, il est hospitalisé à Minsk. Il commence à peindre pendant sa convalescence.

 

 

1940-41 : Il est envoyé aux Beaux-Arts de Votebsk : l’école est saturée, il entre à celle de Leningrad où il rencontre Natacha, sa première grande passion, et parallèlement fait ses études d’ingénierie hydraulique. C’est la guerre, un jour de bombardements, sur la route de Minsk, ils se réfugient dans la forêt. Elle meurt sous ses yeux durant l’assaut.

1941 : Le Reich attaque l’U.R.S.S. Krajcberg est incorporé dans la Première Armée polonaise Anders, envoyée à Tachkent, en Asie Centrale.

1943 : Il intègre la Seconde Armée polonaise Vanda Vassilevska. Il y est officier, à la construction des ponts, au feu jusqu’à la fin de la guerre. Une bombe explose près de lui. Il est enseveli et sauvé par un ami, mais perd une partie de la mémoire ; ne se souvient plus du visage de sa mère, de son père. Durant des années, il ne se souviendra pas de sa date de naissance.

1945 : Toute sa faille a péri dans l’holocauste. Krajcberg part, jette ses deux médailles de Staline par-dessus la frontière tchécoslovaque et arrive à Stuttgart où il étudie aux Beaux-Arts avec Willy Baumeister qui fut professeur au Bauhaus. « Liberté » et « dialogue » sont les maîtres-mots de son enseignement. Pour aider les étudiants Baumeister instaure un prix décerné chaque semaine à celui qui fait l’humanité de la critique.

1947 : Paris l’attire mais ne le courtise pas. Porteur d’une recommandation que lui remet Baumeister, il se rend chez Fernand Léger où il rencontre Marc Chagall, dont il a connu la famille à Vitebsk. Celui-ci l’héberge durant trois mois. Pour pouvoir immigrer au Brésil le Consulat du Brésil facilite les départs des jeunes couples. Alors, avec la complicité d’une jeune hongroise, d’origine très riche, il se présente comme son fiancé et embarque en bateau. C’est elle qui paie les billets, en première classe pour elle, en troisième pour lui. A son arrivée à Rio, il vit la misère, dort sur la plage de Botafogo.

1948-51 : De Rio, il se rend à Sao Paulo où Francisco Matarazzo a ouvert le Musée d’Art Moderne. L’ayant croisé dans une exposition, il l’embauche comme manutentionnaire, lui qui dormait sur les bancs publics de la ville. Krajcberg fréquente les « peintres autodidactes » de la Familia Artistica Paulista. Mario Zanini le fait entrer dans l’atelier de Osir Arte où il exécute les azulejos commandés à Portinari pour les grandes réalisations architecturales du Modernisme. Il y travaille avec Mario Zanini, Volpi et Cordeiro qui sera l’un des fondateurs du Concrétisme en 1952.

1951 : Krajcberg dirige l’accrochage de la Première Biennale de Sao Paulo dont Max Bill est consacré grand prix. Au moment où les concrétistes brésiliens vont se reconnaitre en Max Bill, Krajcberg, son pécule en poche, s’isole pour peintre à Itanhaèm, un village du littoral où Mario Zanini lui prête sa maison, et l’y rejoint régulièrement avec Volpi. Cette période monochrome grise, inspirée du paysage, est exposée au MAM. Krajcberg n’y vend rien. Sa vie est tellement noire qu’il ne peut mettre de la couleur dans son travail. Contrecoup de la guerre, misère matérielle, l’existence à Sao Paulo est une bataille très dure.

1952 : Il se confie à Lasar Segall qui lui achète un dessin et l’envoie dans la papeterie que gère la famille Klabin à Porto Alegre, dans le Paranà. Krajcberg y est ingénieur-dessinateur. C’est son premier contact avec la nature brésilienne.

1954 : Quittant la papeterie, il s’isole pour peindre dans la forêt. Il vit d’un artisanat de céramiste : poteries, azulejos, statuettes, peint des natures mortes et des végétaux. Il abandonne la monochromie grise.

1955 : Il fuit le Panarà car il ne supporte plus de voir les fumées de destruction de forêts.

1956 : A Rio, il partage avec Franz Weissmann, l’atelier que leur prête la famille Camargo. Weissmann cherche dans ses sculptures concrétistes, les structures du vide. Krajcberg peint ses « Samanbaias » (1956-58), réminiscences du Panarà et expose conjointement avec Milton Dacosta et Maria Leontina à la Petite Galerie de Rio.

1957 : Ce sont ses peintures que Krajcberg expose à la Biennale de Sao Paulo, au dam des tenants du Concrétisme, et il emporte le prix du meilleur peintre brésilien, Biennale qui consacre Pollock pour le grand prix. Subitement célèbre, il vend ses toiles et se rend à Paris.

1958 : Il prend la nationalité brésilienne, le même jour que son ami galeriste Franco Terranova. Malgré le prix obtenu, la critique est dure. Mario Pedrosa écrit « si Frans Krajcberg est naturalisé brésilien, son art lui n’a pas été naturalisé. » A Paris, il plonge avidement dans le débat intellectuel et artistique de la fin des années 50 : guerre d’Algérie, crise de l’Ecole de Paris, et polémique de l’Abstraction. Il cesse de peindre en raison des intoxications à la peinture; fait des collages et des xylogravures sur papier japonais. Il réalise ses premières « empreintes directes » de bois, selon une technique de papier moulé que travaillent également Hadju et Krasno.

1959 : À Ibiza où il ira régulièrement jusqu’en 1964, il commence à photographier la nature. Il réalise ses premières « empreintes de rochers et de terres ». Il fait ses premiers « tableaux de terres et de pierres » (1959-67). Désormais, selon Restany qu’il rencontre la même année, « la nature est son atelier ». Empreintes directes, assemblages ou traitement scénographique des matériaux naturels, son travail fait de Krajcberg un précurseur marginal de l’arte Povera et du Land Art. L’année 1959 est aussi celle de son premier voyage en Amazonie.

1960 : Il expose ses travaux d’Ibiza à la Galerie du XXe Siècle, où San Lazzaro l’a pris sous contrat. Il rencontre Michèle, secrétaire à la galerie, avec laquelle il se met en ménage. Ils vivent dans un studio et l’artiste se bat pour son œuvre. Le couple se sépare au bout de 4 ans, Krajcberg ne peut envisager de construire la famille qu’elle désire. Dubuffet, qu’il admire, apprécie ses matières. Braque le prend en amitié et sera son mentor : ils collaborent pour deux lithographies. Il fréquente, par ailleurs, l’avant-garde du Nouveau Réalisme, s’intéresse à l’Op’Art et au cinétisme. Cette année 60, il est fait citoyen d’honneur de Rio de Janeiro, dont il reçoit les clefs.

1961 : Sans Lazzaro, qui essaie d’opposer la pensée européenne des structures de la matière au délire de l’Action Painting new-yorkais, inclut Krajcberg dans son exposition « Reliefs ». Krajcberg fait son deuxième voyage en Amazonie.

1964 : Ses « tableaux de terres et de pierres » lui valent le prix de la ville de Venise à la Biennale dont Rauschenberg est consacré grand prix.  Invité dans le Minas par Juko Carneiro de Mendoça, Krajcberg rentre au Brésil et installe son atelier au pied du pic d’Itabirito, à Cata Branca, parmi les champs de minerais de fer dont les terres sont des pigments purs. Tout en continuant ses tableaux, il réalise ses premières sculptures et macrophotographies. Zè Olicio, père de José do Mato, connaissant parfaitement bien la nature, l’initie à ses secrets. Fait ses premières expériences de terres mêlées à de la colle, appliquées sur papier et séchées au soleil, puis redessinées.

1965 : L’idée de Nova Viçosa lui vient d’une discussion avec l’architecte Zanini aux Deux Magots, à paris. Krajcberg entre dans le projet d’une communauté pluridisciplinaire qui regrouperait des artistes et des intellectuels aussi différents que l’architecte Niemeyer et le chanteur Chico Buarque de Hollanda.

1966 : Krajcberg et Zanini se rendent à Nova Viçosa. Séduit par la forêt du bord de mer, il commence la construction de son premier atelier sur les plans de l’architecte Zanini. Le Tropicalisme gagne alors les arts : « La Tropicalia » d’Oiticica date de cette époque. Il renoue également avec un aspect du modernisme, « Pau Brasil », de Oswald de Andrade écrit en 1924. En fin de compte, Krajcberg reste seul à Nova Voçosa.

1967 : A Paris, Krajcberg développe sa vision de Minas. Abandonnant ses tableaux de pierres, il commence ses muraux monochromes à ombres découpées (1967-82). Ce sont des assemblages de bois naturels (lianes ou racines de palétuviers) et de bois découpés, uniformément teintés par des terres. Dans les premières pièces, la découpe oppose une géométrie dure, « constructive » ou « concrétiste » au baroquisme des lignes naturelles. Puis la découpe suit l’ombre portée des bois naturels, qui projette, telle une épure un éclairage latéral. Le chef d’œuvre en est peut-être le mur monochrome blanc (1967) occupant à Rio le hall de la TV manchette.

1970 : Il épouse à Paris, Alba, une jeune brésilienne originaire de Bahia, fille de riches médecins de Salvador. Etudiante en histoire de l’art, elle accomplît une thèse sur Kandinsky et étudie le sanskrit à l’université. Mais elle supporte mal la vie de bohème, sans le sou, et le couple se sépare trois ans plus tard.

1972 : Désormais, Krajcberg s’installe et travaille à Nova Viçosa. Il y réalise ses premiers « bois polis », assemblages tridimensionnels de bois trouvés dont il dégage des lignes architecturales. Ces abstractions continuent l’esprit des « ombres découpées » : très évidées, arbres creux ou palétuviers, pièges à lumière dévorés de lumière. A Nova Viçosa, il dessine le plan de sa maison dans l’arbre, flanquée d’une sculpture  » Mémoire à la Destruction », totem évidé en cylindres qui s’enroulent l’un dans l’autre. Côté mer, face à l’océan, c’est le lieu privilégié où il dépose les sculptures qu’il vient d’achever pour les photographier.

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1974 : Ses « empreintes de sable » sont des moulages de plâtre en prise directe sur la plage à marée basse. Il en tire des estampages de papier blanc, retravaillées avec des pigments naturels. Il effectue avec Pierre Restany un long voyage à travers le Minas Gerais et le Piaui.

1975 : Les débats suscités par son exposition au Centre national d’Art Moderne Georges Pompidou à Paris l’amènent à penser qu’il doit non seulement montrer, mais défendre la nature menacée par l’extension planétaire de la troisième révolution technologique.

1976 : Krajcberg embarque avec Sepp Baendereck pour le Mato Grosso en Amazonie. Les deux artistes se sont rencontrés l’année précédente dans leur passion pour la nature et leur volonté de la défendre. Ils resteront liés par cette cause jusqu’à la mort de Baendereck (1989) et feront trois expéditions amazoniennes. (1976-77-78) Il rejoindra Krajcberg dans ses trois voyages au Mato Grosso (1985-86-87).

1978 : Pierre Restany remonte avec eux le Rio Negro. Pendant le voyage, il rédige le Manifeste du Naturalisme Intégral ou Manifeste du Rio Negro, exprimant, à travers sa propre vision l’esthétique « alternative » que développe l’art de Krajcberg. Krajcberg tourne un film qui sera projeté lors des débats de diffusion du manifeste. A leur retour, les conférences de lancement à Rio, Sao Paulo et Brasilia déchaînent une polémique.

1980 : Krajcberg commence ses empreintes végétales polychromes.

1982-83 : Il abandonne les « ombres découpées » pour réaliser à Nova Viçosa puis dans la région de Belém en 1982-83, de monumentaux « tressages de vannerie », inspirés de l’artisanat local, transparents à la lumière.

1985 : Premier voyage au Mato Grosso. Reportages photos sur les incendies de forêts « queimadas » auxquels se livrent les grands propriétaires pour défricher les terres dévolues à l’élevage extensif. Krajcberg en rapporte des palmiers desséchés dont il réalise plusieurs ensembles de sculptures, ses « conjuntos ». Bâtons de pluie ou totems, l’inspiration indienne traverse ses fûts à la verticale, striés de lumière et d’ombre. Ainsi Brancusi reprenait à l’infini dans ses colonnes, un motif de bois sculpté des maisons paysannes roumaines. Krajcberg les assemble en forêt.

1986 : Il publie son livre de photographies « Natura ». Second voyage au Mato Grosso.

1987 : Troisième voyage au Mato Grosso. Walter Sales Jr l’y rejoint, en tournage du film qu’il réalise pour la TV Manchete : « Krajcberg, Poète des Vestiges ». C’est après ce voyage que Krajcberg commence ses « bois brûlés ».

1988 : Il participe au symposium de Séoul avec « Images de mes Révoltes ». Ramassés sur les « queimadas », fichés sur des présentoirs, rehaussés de charbon végétal et de pierres, traversés l’espace dans leurs déchirures, ces « bois brûlés » sont les stèles d’on ne sait quel culte des morts animistes. Barbares et fantastiques sirènes d’alarme.

1989 : Krajcberg participe avec d’autres artistes au mouvement « Médecins sans frontières » en Roumanie.

1990 : Krajcberg est invité au Congrès International d’Ecologie à Moscou. C’est la première fois qu’il retourne en U.R.S.S. depuis ses études aux Beaux-Arts de Leningrad. Ses « écorces brûlées », rehaussées de matières sont une suite murale des « bois brûlés ». Entre peinture et lambeaux épidermiques, leur économie tragique s’oppose à la théâtralité des « conjuntos ».

1992 : Il expose au Musée d’Art Moderne de Rio, dans le cadre de la Conférence mondiale des Nations Unis sur l’Environnement « Eco 92″. Plus de 300.000 personnes visitent son exposition « Imagens do Fogo ».

1993 : Il souhaite monter une fondation Art et Nature qui porterait son nom et à laquelle il lèguera toute son œuvre, à Vitoria, dans l’Etat de Esprito Santo, mais le projet tourne court.

1994 : Il voyage à Rio Branco, dans la région de Acre, faire des photographies de la forêt dévastée et chercher des matériaux pour ses sculptures. Il rencontre des agriculteurs et tente de les convaincre de ne plus abattre d’arbres. La situation est critique, il manque de se faire tuer à plusieurs reprises.

1995 : La Mairie de Curitibà et le Gouvernement du Manarà inaugurent l’Espace qui sera dédié à Frans Krajcberg, élevant un monolithe à son nom. En cette occasion, il rencontre le « cacique » indien Raoni.

1996 :   »Villette-Amazone » est le titre de l’exposition organisée par la Grande Halle de la Villette, un manifeste pour l’environnement au XXIe siècle où Krajcberg y présente des œuvres très significatives.

1998 : Roger Pic et Krajcberg œuvrent pour la sauvegarde du passage du Montparnasse, lieu de mémoire du passage de nombreux grands artistes du XXe siècle.

2001 :  Mort de Roger Pic, ami de toujours.

2003 : Mort de Pierre Restany, ami intime de l’artiste, et vice-président de l’association du Musée de Montparnasse. L’exposition « Art et révolte » au Musée du Montparnasse lui rend hommage. Plusieurs espaces Krajcberg sont inaugurés cette année : le premier à Paris où l’artiste a fait la donation d’une partie de son œuvre à la ville. Le deuxième à Curitibà, au Panarà (Brésil), terre d’accueil lors de son exil dans les années 50, où il inaugure un musée portant son nom, au sein d’un jardin botanique. Enfin sur son domaine de Nova Viçosa, dans l’Etat de Bahia, l’artiste s’active à la construction de divers bâtiments conçus tels des sculptures, pour accueillir sa Fondation « Art et Nature ».

2004 : Deuxième édition du livre « Nature et Révolte ».

2005 : C’est l’année du Brésil en France, Krajcberg expose au Parc de Bagatelle avec le soutien de la Mairie de Paris. Une de ses sculptures en bronze est installée sur la place de la Vache Noire, à Arcueil.

2007 : Son œuvre est présentée avec celle d’autres artistes brésiliens à l’Ambassade du Brésil à Paris lors de l’exposition  « Entre Deux Lumières – artistes brésiliens en France ».

2008 : L’Assemblée Législative de Bahia lui décerne le titre de « Citoyen Bahiano ». Il publie son livre de photos « Queimadas » soutenu par le Gouvernement de Bahia. Il expose  (OCA?) au Parc Ibirapuera à Sao Paulo.

2009 : Il reçoit le prix de la Meilleure Exposition de l’Année par l’Association de Critiques d’Art de Sao Paulo. Il obtient le titre de « Citoyen Paulistano » de la part du  Gouverneur de Sao Paulo.

2011 : Il est présenté lors de l’exposition « O Grito – Ano  Mundial da Arvora » au Palacete Das Artes Rodin à Bahia, Brésil.

2012 : Il reçoit le prix Enku de Sculpture à Gifu au Japon. Il présente son œuvre lors de l’exposition « Natureza Extrema » pour l’inauguration du Musée de Estação Cabo Branco, à João Pessoa, Paraíba, Brésil.
Bertrand Delanoë lui remet la Médaille de Vermeil de la Ville de Paris pour l’ensemble de son oeuvre.

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